2012: Rebecca Clopath

Originaire des Grisons, la jeune femme termine cette année sa formation de cheffe de cuisine et travaille actuellement aux côtés de Stefan Wiesner, le «magicien» d’Entlebuch. Il faut retenir le nom de cette jeune femme.

La «magicienne» du futur

Originaire des Grisons, Rebecca Clopath fait preuve de beaucoup de courage et d’engagement personnel. LCDJ l’a rencontrée sur son lieu de travail actuel à Entlebuch, dans la région de Lucerne.

Le nom du restaurant Rössli à Escholzmatt résonne aux oreilles des gourmets dans toute la Suisse. Non seulement parce que le chef de cuisine Stefan Wiesner apporte parfois une touche asiatique à certains plats, mais également parce que sa créativité pose des jalons dans tout le pays.

A l’issue de son apprentissage, Rebecca Clopath, née en 1988, effectue actuellement une formation continue source d’inspiration aux côtés du «magicien» de notoriété nationale, et terminera sa formation de cheffe de cuisine en mars 2013. Malgré son jeune âge, elle dispose déjà d’une incroyable couverture médiatique. En effet, l’ambition dont elle fait preuve et son envie de créativité sans limite montrent d’ores et déjà qu’elle compte parmi les figures de la nouvelle cuisine suisse qu’il ne faut pas perdre de vue.

Une carrière de rêve

Rebecca est originaire de Lohn, près de Thusis. Sa famille dirigeant une ferme bio, elle a été nourrie à la viande et aux légumes de la ferme familiale. Décidée à quitter rapidement Lohn, à la fin de ses études, elle part travailler comme fille au pair dans le Tessin et a la chance de se retrouver dans une famille de viticulteurs. «J’ai ainsi pu apprendre très jeune beaucoup de choses sur le vin.»

Cette expérience est suivie d’un apprentissage de cuisinière chez Chrüter-Oski – un pionnier absolu de la cuisine ultrarégionale, telle que la pratiquent aujourd’hui des gens comme René Redzepi au «Noma» à Copenhague.

Grâce à de bonnes notes à l’examen final, Rebecca peut participer en 2008 au championnat professionnel Swiss Skills, épreuve de présélection au championnat du monde professionnel World Skills. «Etant donné qu’il s’agissait de mon premier concours, je n’avais aucune expérience. Jamais je n’aurais imaginé faire partie des trois meilleurs!», affirme-t-elle.

Rien ne l’arrête non plus en 2010: avec l’équipe nationale junior, elle décroche deux fois l’or ainsi que la victoire finale lors du championnat du monde au Luxembourg. A l’occasion du World Skills à Calgary, Canada, elle cuisine aux côtés de Thierry Boillat et Daniela Manser. «Une expérience formidable, mais trop courte pour en profiter!»

Le travail d’abord

A l’époque, Rebecca travaillait déjà aux côtés de Stefan Wiesner au restaurant Rössli, mais avait dû s’éloigner après les concours. Tous les mardis, elle suit sa formation continue à Berne, notamment auprès de son ancien coach Rasmus Springbrunn. «L’école le mardi et le reste de la semaine dédié à la cuisine à la carte dans la partie gourmet du Rössli, cela n’était plus compatible avec les concours.»

En effet, au «Rössli», on ne réalise pas uniquement ce que le chef ordonne. Stefan Wiesner s’entoure volontiers de personnes inspirées, qui comprennent ses créations pensées jusque dans les moindres détails et qui sont capables d’en inventer elles-mêmes. «Nous pouvons apporter notre contribution et participer aux créations», dit Rebecca. «Stefan Wiesner nous décrit son idée et nous laisse collaborer en apportant suggestions et objections – sans nous cantonner à la seule cuisine.»

Points de vue d’une débutant

En ce qui concerne son avenir, Rebecca laisse planer le suspense. Elle ne veut pas choisir entre la ville et la campagne, elle veut les deux, dit-elle à propos de son caractère. «J’aime la solitude de la campagne et l’énergie de la ville!» Son propre restaurant? Il n’en est actuellement pas question. «Il existe trop de restaurants, et trop peu de gens qui comprennent pourquoi une assiette de spaghettis coûte ici plus cher qu’un paquet de spaghettis et une sauce en boîte chez Migros.» Pour elle, il est plus important de pouvoir s’exprimer en cuisinant que de posséder son propre restaurant. «Je savoure cette opportunité autant que j’exprime ma personnalité avec mon style vestimentaire.»

Un mot à propos du rôle des femmes dans le monde exigeant de la cuisine? «Les femmes s’inquiètent souvent outre mesure lorsque le ton monte parfois en cuisine. Il ne faut donc pas le prendre personnellement.» Et que fait-on pendant son temps libre lorsque l’on a autant d’ambition? «Du parapente et du jogging. Quelque chose qui permet de redescendre sur terre et de s’occuper de soi.»

Rebecca Clopath vit et cuisine au moment idéal: les produits locaux et régionaux sont autant demandés que la créativité improvisée sur fond de culture culinaire, et la jeune femme sait marier ces deux composantes. «La nature nous donne tout, elle est plus généreuse que n’importe qui!» C’est avec plaisir que nous découvrirons la manière dont Rebecca Clopath lui fait honneur.